Mardi 30 décembre 2008

 

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Dernière MAJ : 08/11/09

« Il était une fois... », c’est ainsi que commencent les contes. En guise de mise en mots, commençons par le commencement et une petite présentation pour ceux qui n’auraient pas de temps à perdre et qui se seraient égarés au pays des mots ecchymoses. Aussi, si vous voulez bien me suivre, c’est ici que tout débute.

 

           Dans l’ordre alphabétique et un désordre d’idées jetées pêle-mêle parmi d’autres, des textes très courts, des impressions…

 

 

Quelques citations, extraits variés de textes courts ou longs : les mots des Autres…


 

       Un même texte écrit de différentes manières, de différents points de vue, afin d’en exploiter toutes les possibilités…

 

 

Nouvelles explorant différents univers, différentes influences et sources d’inspirations…


 

          Entre nouvelles et poèmes, mais pas vraiment. Des mots, encore et toujours…


 

 

Des écrits nés des idées des autres : textes à consigne(s), à thème(s), à image(s),…


 

    Des inspirations passagères, des bouffées de quelque chose… de pas très identifiable. Des inclassables…

 

 

Entre carnet de route, journal et billet d’humeur, des impressions de la vie quotidienne d’ici avec ses petites particularités du Canada de l’Ouest…


 

          Contraste/contrastes entre l’ailleurs fiché dans la tête et le cœur, le tuteur qui permet de se raccrocher/redresser quand tout coule « vu d’ici »…


 

 

Cachée, un court roman de la catégorie « pages ». Possibilité de commenter dans l’article lien…




 

         Roman au long court, dans la catégorie « pages ». D’inspiration nordique avec une touche de « fantasy » prononcée…

 

 

 

Par Lucy
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Mardi 30 décembre 2008

 

J’ai mangé la betterave qui fait la langue rose et j’ai souri.

 

J’ai goûté la chair sucrée de mon enfance, légèrement vinaigrée, sans persil.

 

Elle s’est présentée en tranches à mes lèvres gourmandes ; s’est faite déchiquetée par mes crocs de Petit Chaperon Rouge affamé.

 

J’ai retrouvé la saveur perdue et j’ai soupiré.

 

 

 

Par Lucy
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Mardi 30 décembre 2008

 


Il y aurait une table. Toujours, il y a une table. Il y aurait une table posée sur le sol.

 

Le sol ne serait pas du parquet. Il serait, néanmoins, constitué de bois. Un peu comme une lame de plancher géante et taillée d’une seule pièce.

 

Une table. Un sol de bois. Pas de mur. Non, il n’y aurait pas de mur. Car, c’est bien connu, les murs ont des oreilles et ils écoutent quand on parle. C’est assommant !

 

La table se dresserait sur un sol de bois mais pour qu’il ne soit pas trop monotone, l’herbe pousserait dans ce paysage. Et les fleurs. Et… une rivière. Oui, il y aurait une rivière paisible où les ondines remplaceraient les truites et les saumons.

 

Car, à quoi bon rêver si c’est pour contempler des poissons ?


 

* Petit texte à consigne ( décrire un lieu imaginaire au conditionnel ) réalisé sous la férule de Dudu et des charmants membres de son atelier d’écriture… bien trop loin de moi. Une ancienne amitié avec mon professeur de poterie qui tend à prouver que l’amitié n’a ni âge ni frontière, mais qu’elle a toujours raison.

 

Par Lucy
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Mardi 30 décembre 2008

 

L'infini, je sais
C'est presque rien
Et ça se finit
Au p'tit matin

 

Parle-lui de moi, Florian Zeller/Christophe

 

 

 

L’éclairage blanc lui fait mal aux yeux. L’odeur caractéristique du café chimique et des donuts gras lui tourne le cœur. Elle observe la fille qui œuvre au comptoir, coincée entre la caisse enregistreuse et les vitrines remplies de beignets multicolores. Les gens aiment ça : cette fast nourriture. Elle ne s’y fera jamais. Elle tourne la tête vers l’une des portes d’entrée, se reprend à contempler la petite table ronde où ils ont posé leur plateau.

 

Tremblements dans les mains, dans la voix. Elle ne sait plus. Ce qu’elle doit dire. Ce qu’elle doit faire. Alors, elle boit le café sucré. Inconsciemment, elle frotte sa peau, là, sous le col de son pull. Une démangeaison passagère, persistante. Elle pique du nez. Il est tard. Elle est fatiguée. Elle considère la tasse emplie d’un liquide couleur crème, tente de faire disparaître l’irritation qui mord sa chair juste sous son cou.

 

        Ce doit être la laine.

 

Elle sort de sa léthargie, le regarde. Il a parlé. Puis, elle se détourne pour répondre. Elle dit qu’il a probablement raison.

 

        On est fatigué, tous les deux. Peut-être qu’on devrait…

 

Elle se lève sans un mot, disparaît. Les toilettes. Elle inventera une envie pressante en revenant s’asseoir face à lui. Si elle peut reprendre sa place à la petite table.

 

Elle avise son reflet. Épouvantable, décrète-t-elle. Tant mieux. Pourtant, elle se recoiffe, passe un peu d’eau sur son visage, se farde légèrement. Elle se trouve, décidément, bien ridicule, retourne dans la salle du « Tim Horton », tire à elle la lourde chaise, sirote le café french vanilla trop sucré.

 

Un accident. Banal. Elle n’a pas pu éviter un chevreuil. Cet homme passait par là.

 

        Il faut aller dormir, maintenant.

        Je n’aurai pas dû prendre ce café.

 

Elle rit, gênée. Il se lève. Il est temps de partir.

 

La porte se referme sur eux.

 

 

 


 


 

Mais l'infini, tu sais
C'est déjà bien
C'est toute la nuit
Et puis plus rien

 

Parle-lui de moi, Florian Zeller/Christophe

 

 

 

Brève rencontre. Il aurait pu l’emmener dans ce garage et la laisser se débrouiller. Il aurait pu faire ça. Mais son anglais faisait défaut alors, il l’avait aidée.

 

        Are you from Quebec? From France?

        France, she said.

 

 

She is from France.

 

Il avait continué dans sa langue maternelle. Avait sourit quand elle répondait, maladroitement.

 

 

 

 

Plus qu’une chambre, à l’hôtel. À cause du Congrès.

 

        Quel Congrès ? avait-elle demandé.

        Ce gars en sait pas beaucoup plus. C’est une petite ville, ici. Y a pas beaucoup d’hôtels.

 

Ils n’avaient plus parlé qu’en français, après ça. Plus facile, pour elle. Plutôt agréable, pour lui. Il n’était pas si rouillé, après tout. Il avait dit : Bye! Bye! Avant de revenir sur ses pas. Plus de jus. Moteur noyé. Plus de chambre, non plus.

 

        On peut partager.

 

Elle avait dit ça, avait regretté. Presque aussitôt. Il l’avait lu sur son visage. Il avait dit d’accord. Fallait pas qu’elle change d’avis. Lui avait payé un café avant de la ramener dans la chambre au lit Queen.

 

 

 

 

Il est pas très observateur. Ça ne l’a pas empêché de remarquer pour le maquillage et les tremblements dans la voix. Lui, il a les mains moites mais ça ne se voit pas. Arrivés dans l’hôtel, elle ne dit plus rien. Ils sont au deuxième, dans une chambre fumeur. C’est tout ce qui restait. Elle lui tend la petite carte magnétique sans un mot. Alors, il ouvre, la laisse entrer la première, puis referme la porte sur eux.

 

*

*          *

 

        Je te remercie, dit-elle. Pour la voiture, ajoute-t-elle.

 

Il ne répond pas. Se contente d’un sourire. Qu’est-ce qu’il pourrait dire ? Il la regarde disparaître au volant de sa voiture de location en sirotant son french vanilla. : exactement comme il l’aime. C’est la première fois qu’il en boit de si bon matin. Il jette un dernier coup d’œil à la petite Pontiac qui disparaît vers Belle-Plaine avant de partir dans la direction opposée. 


 

 

 

Par Lucy - Publié dans : Nouvelles égarées
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